Beaver at sea observing nature

Conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP 15)

L’extinction des espèces est aussi dangereuse que la crise climatique – comment y remédier

La deuxième partie de la 15ème conférence sur la diversité biologique des Nations unies – également appelée Sommet mondial de la nature – s’est tenue du 7 au 19 décembre à Montréal, au Canada. De nouvelles lignes directrices pour la protection des espèces et de la nature et pour la conservation de la biodiversité au niveau mondial y ont été adoptées dans le cadre de l’accord de Kunming-Montréal. Sur cette page, vous trouverez des rapports et des interviews réalisées à Montréal lors de la conférence, ainsi que des informations de fond sur la protection de la nature.

  • Le monde assiste aujourd’hui à la plus grande extinction des espèces que la Terre ait connue depuis la disparition des dinosaures. Près d’un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction.
  • En Suisse, la moitié des milieux naturels et un tiers des espèces sont menacés. Pour les insectes, c’est plus de la moitié. Depuis 1900, les marais ont perdu 82% de leur surface et 95% des prairies et pâturages secs ont été détruits. Quant aux zones protégées, la Suisse est la lanterne rouge de l’Europe.
  • Pourtant, les services fournis gratuitement par une biodiversité intacte, comme la pollinisation, la fertilisation des sols, le filtrage de l’eau, le stockage du CO2 ou la protection contre les inondations et les glissements de terrain, sont nécessaires à notre survie.
  • La perte de biodiversité entraîne de graves conséquences pour la population et l’économie. Selon l’Office fédéral de la statistique, une très large majorité estime qu’elle constitue l’un des principaux risques pour l’humain et l’environnement. Dans son rapport 2022 sur les risques mondiaux, le World Economic Forum (WEF) définit également le déclin de la biodiversité comme l’une des menaces les plus graves qui pèse sur la planète.
  • Le 14 décembre, en Suisse, le Conseil des États a traité de l’initiative sur la biodiversité et de son contre-projet indirect. Communiqué de presse

Le cadre d’objectifs de la COP Kunming-Montréal pour la biodiversité vient d’être adopté mais le travail ne fait que commencer

Aujourd’hui, lundi 19 décembre, la 15e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique a adopté le Cadre d’objectifs de Kunming-Montréal pour la biodiversité. La mission stipule de « prendre des mesures urgentes pour stopper et inverser le déclin de la biodiversité et remettre la nature sur la voie du rétablissement – au bénéfice de l’homme et de la planète » par le biais de la protection et de l’utilisation durable ainsi que d’autres mesures.

Le cadre des objectifs comprend quatre objectifs généraux et 23 objectifs. Ceux-ci vont dans la bonne direction et représentent un progrès, mais ils ne suffiront pas à enrayer réellement la perte de biodiversité. Car il manque de l’argent ainsi que des mesures et des instruments concrets.

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Commentaire de François Turrian, directeur romand de BirdLife Suisse

« Le cadre d’objectifs de Kunming-Montréal est un pas dans la bonne direction. Tous les pays, et notamment la Suisse, doivent maintenant prendre rapidement les mesures nécessaires pour commencer à mettre en œuvre ces objectifs. Seule une mise en œuvre résolue du cadre d’objectifs peut atténuer la crise de la biodiversité et préserver les bases de la vie pour les générations futures. »

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Un match décisif se joue à la COP15 de Montréal

Réunie du 7 au 19 décembre à Montréal, la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP 15) sera décisive pour stopper sa disparition à l’échelle globale et sauvegarder les ressources naturelles indispensables à la vie humaine. L’organisation Pro Natura y participe. Elle demande à la Suisse d’augmenter le montant de sa contribution et d’accorder plus d’attention à la crise de la biodiversité ainsi qu’à ses causes véritables.

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La parole aux scientifiques

Le Centre pour le Développement et l’Environnement (CDE) et l’Académie Wyss pour la Nature de l’Université de Berne ont réalisé des interviews auprès de leurs experts, qui mettent en lumière les aspects les plus importants des prochaines négociations sur la protection des espèces. Certaines de ces interviews ont déjà été publiées en mars, à l’occasion des négociations de la COP sur la biodiversité à Genève. Sur son site web, l’Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) donne « CARTE BLANCHE » aux scientifiques en matière de politique sociale et scientifique.

INTERVIEWS

« Mes actions ont-elles un sens pour les autochtones ? »

Margaret Owuor, professeure en science de la protection intégrative de la biodiversité auprès de l’Académie Wyss pour la Nature, ne le sait que trop bien : la politique et les déclarations sur la protection de la nature se décident au niveau mondial. La scientifique souhaite que ces questions soient ramenées au niveau local. Grâce à cette stratégie, elle veut renforcer les communautés locales dans son pays natal, le Kenya. Sa démarche pourrait contribuer à se rapprocher de l’objectif d’une gestion basée sur les écosystèmes.
Interview en anglais

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CARTE BLANCHE

L’habitat des insectes renforce la pollinisation et la production agricole

Dans la majorité des cas, la pollinisation des cultures est encore relativement bonne en Suisse. Toutefois, pour les cerises, les framboises, le colza et d’autres cultures, les rendements peuvent localement être nettement plus faible en raison du manque d’insectes pollinisateurs. Les mesures nécessaires, telles que les surfaces de promotion de la biodiversité, pour assurer une pollinisation stable à l’avenir, sont connues et tout à fait réalisables.

Carte Blanche à Matthias Albrecht, Agroscope

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Pourquoi la biodiversité est bonne pour notre santé

Le monde naturel offre à l’humanité des bienfaits incalculables pour la santé, et on pense qu’il recèle de nombreuses autres percées en matière de santé qui n’ont pas encore été découvertes. Cependant, nous risquons de perdre ces avantages si nous continuons à dégrader l’environnement.

ONU Info, l’actualité mondiale Lien

La biodiversité concerne notre vie à tous.tes – peut-être encore plus que le climat

L’état du climat et celui de la biodiversité sont étroitement liés. « Et ils sont également reliés à des questions centrales, comme celles de la justice, des valeurs ou du bien-être de tous.tes », nous dit Unai Pascual, membre du Conseil mondial de la biodiversité IPBES, professeur au centre basque du changement climatique et chercheur associé au CDE. Les gens auraient des points de vue très différents sur les relations entre l’homme et la nature. « Les changements urgents nécessaires pour protéger l’environnement doivent respecter cette diversité – au-delà du déséquilibre de pouvoir entre le Nord et le Sud mondiaux. » Interview en anglais

„30×30“: Dans quelle mesure une approche liée à la surface est-elle réaliste et efficace ?

Une exigence figure tout au sommet de l’ordre du jour : l’initiative « 30×30 » qui vise à protéger 30% de la surface de la Terre afin de stopper l’extinction effrénée des espèces. Dans quelle mesure une approche liée à la surface est-elle réaliste et efficace ? Julie Zähringer, professeure de systèmes d’utilisation des terres et de transformations durables à l’Académie Wyss et au CDE, se demande, au vu de la consommation mondiale de ressources, s’il « ne serait pas plus important de s’attaquer aux causes des menaces qui pèsent sur les zones riches en espèces, plutôt qu’aux symptômes ». Interview en anglais

« Le caractère très local de la biodiversité est une opportunité »

« Le caractère très local de la biodiversité est une opportunité » : à l’aide de divers instruments, la Confédération, les cantons et les communes tentent d’enrayer le déclin des espèces – sans succès probant jusqu’à présent. S’agit-il uniquement d’un échec politique ? Astrid Zabel, chercheuse auprès du Centre interdisciplinaire pour le développement durable et l’environnement (CDE) à Berne, s’interroge sur les raisons pour lesquelles les objectifs en matière de biodiversité sont rarement atteints – et tente de répondre à la question suivante : quels instruments utiliser pour garantir la protection des espèces ? Interview en anglais

Quel rôle les sociétés dites « pauvres » doivent-elles jouer dans la réalisation des objectifs en matière de biodiversité ? 

« En matière de protection des espèces, nous devons également nous appuyer sur les connaissances autochtones : les pays riches doivent se demander en quoi ils ont contribué à la perte de la biodiversité. Cet aspect n’a pas à être négocié. Ils doivent faire leur examen de conscience et dire : nous arrêtons ». C’est du moins l’avis de Boniface Kiteme, directeur du Centre de formation et de recherche CETRAD au Kenya, qui collabore depuis plus de 30 ans avec le CDE et dorénavant également avec l’Académie Wyss pour la Nature. Dans la perspective des négociations de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité, il pose la question : « Quel rôle les sociétés dites « pauvres » doivent-elles jouer dans la réalisation des objectifs en matière de biodiversité ? » Interview en anglais

Plus de « CARTE BLANCHE »
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Revue des médias

La COP15, un sommet pour stopper l’extinction de masse des espèces

La diversité biologique est en crise dans chaque recoin de la Planète. La Conférence sur la biodiversité des Nations unies (COP15), qui s’ouvre le 7 décembre à Montréal, au Canada, a pour objectif d’obtenir un accord historique qui conjure le spectre d’une extinction de masse de la faune et de la flore.

Swissinfo, 6 décembre 2022

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Un accord historique sur la biodiversité a été approuvé à la COP15

COP 15 de la convention sur la biodiversité: quels progrès?

Les pays du monde entier ont conclu lundi 19 décembre 2022 un accord historique à Montréal. Il doit permettre d’enrayer la destruction de la biodiversité et de ses ressources indispensables à l’humanité. Après quatre années de négociations difficiles, plus de 190 États se sont mis d’accord sur une feuille de route visant notamment à protéger 30% de la planète d’ici 2030.

RTS Le 12h45, 19 décembre 2022

À la conférence de l’ONU sur la biodiversité, il ne s’agit pas de ne plus utiliser les ressources de la nature, mais de les maintenir en état pour pouvoir en disposer sur la durée.

Agefi, 15 décembre 2022

Revue des médias

Joignez-vous à la discussion !

Quels sont les animaux et les plantes que vous ne voyez plus là où vous vivez? Comment remédier à ce déclin de la biodiversité?

La biodiversité souffre en raison de l’activité humaine et du changement climatique. Vous en constatez peut-être vous-même les conséquences là où vous vivez: vous voyez désormais très peu de papillons ou n’entendez plus le chant de l’alouette. Qu’entreprenez-vous, à votre modeste échelle, pour enrayer la disparition de la faune et de la flore? Quelles sont selon vous les mesures qu’il faudrait prendre au niveau politique?

Swissinfo ouvre le débat. Débattez avec des personnes de cultures différentes. Faites part de vos observations.

Au cours des deux prochains mois, Cornelia Krug, scientifique à l’Université de Zurich et directrice de bioDiscovery, participera à cette discussion. Cette chercheuse au bénéfice d’une longue expérience de la biodiversité partagera ses connaissances et répondra aux questions des utilisatrices et utilisateurs de swissinfo.ch.

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La parole à l'économie

Dans les milieux économiques, de plus en plus de voix s’élèvent pour alerter sur la situation, notamment chez SwissRe, McKinsey, PWC et du WEF : « Si nous ne protégeons pas mieux notre biodiversité et nos écosystèmes, notre sécurité alimentaire et notre prospérité sont menacées. »

SwissRe Why biodiversity and global prosperity go hand in hand

McKinsey Valuing nature conservation

PWC Nature is too big to fail

WEF Biodiversity Loss, Litigation and Value Chain Risk

Lombardodier COP15 : une occasion unique de protéger l’indispensable biodiversité